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Pour commencer, nous pouvons faire le constat suivant : nous sommes à une époque où nos chevaux n'ont jamais été autant soignés, aussi bien entretenus et aussi bien équipés en vue de leur confort. Jamais nos éleveurs ne se sont donné autant de mal pour maximiser le bien-être des chevaux. Mais, en revanche, jamais nos chevaux n’ont autant souffert qu’aujourd'hui de nombreux problèmes symptomatiques causés par des troubles du métabolisme. Les vétérinaires naturopathes fréquentent trop souvent certaines écuries, ce qui n'était pas le cas il y a 20 ans. En outre, nos chevaux vivent plus longtemps, mais tout en étant de plus en plus sensibles à différentes maladies, et ce de plus en plus tôt au cours de leur vie.

Parmi ces maladies, il y a la fourbure et l'eczéma qui, jusqu'à il y a une quinzaine d’années environ, ne concernaient que certaines races comme les chevaux islandais (chevaux importés), et quelques races de poneys sur lesquelles elles apparaissaient suite à de mauvaises conditions de pâturage ou à un régime alimentaire trop riche en protéines.

Actuellement, la fourbure et l'eczéma concernent plus fréquemment les chevaux demi-sang et les pur-sangs ainsi que d’autres chevaux de pure race, même si les facteurs déclencheurs précédemment cités ne sont pas présents, et se manifestent sans cause directement identifiée.

Les maladies comme le Syndrome de Cushing ou la Myopathie équine à Stockage de Polysaccharides (PSSM/EPSM) existaient auparavant, mais elles étaient rares. Les maladies dites de civilisation comme le Syndrome métabolique équin (comparable au diabète chez l’Homme) existaient à peine il y a encore quelques années. De nos jours, ces maladies sont malheureusement présentes dans toutes les écuries et sont sur le point de devenir un phénomène de grande ampleur. Les gros producteurs de fourrage ne s'y sont d'ailleurs pas trompés et proposent maintenant des types de fourrages pauvres en sucre et en amidon pour les chevaux atteints de ces différents syndromes.

Pourquoi une telle évolution ?

La plupart des spécialistes en médecines alternatives actuelles s'accordent à dire qu'une maladie métabolique a toujours pour origine un excès de toxines dans l’organisme. De plus, cela va souvent de pair avec une carence plus ou moins importante en minéraux et en oligo-éléments. Un organisme, qu'il soit humain ou animal, est aujourd’hui souvent confronté avec le fait que les aliments distribués contiennent nettement moins d'oligo-éléments et de minéraux, et ce d'autant plus qu’ils proviennent de plus en plus le produit naturel est transformé en produit industriel.

Nos plantes fourragères poussent sur des sols épuisés et/ou surexploités. L'agriculteur est dans l’obligation de fournir le rendement le plus important possible sur la surface cultivable qu’il possède afin de pouvoir simplement survivre, et reçoit en contrepartie une rémunération à peine correcte pour des produits de bonne qualité. De bonne qualité signifie comportant une quantité suffisante de minéraux et d’oligo-éléments ainsi que de substances végétales secondaires de qualité supérieure.

Cet agriculteur n'utilisera donc pour fabriquer ses produits que ce qui lui permettra d'obtenir un rendement maximal. Selon la qualité des aliments et des fourrages produits, le besoin en nutriments des personnes et des animaux n'est pas totalement couvert. L’organisme a besoin de nutriments de qualité, bien qu'il soit suffisamment voire souvent trop alimenté en termes d’apport énergétique. Les minéraux, les oligo-éléments et les substances végétales secondaires n'en restent pas moins la base permettant à l'organisme de fonctionner correctement en lui garantissant le maintien de ses mécanismes fonctionnels et de ses défenses immunitaires.

Si ces substances viennent à manquer de façon durable dans la ration quotidienne du cheval, l'organisme va progressivement cesser de fonctionner normalement. Lorsque les besoins de l’organisme du cheval vont augmenter, comme par exemple en période de mue, ou lorsque le cheval se trouve dans une situation de stress, lors de sollicitations intenses, si le cheval est d’un âge avancé, ou lors d’une épidémie infectieuse dans l'écurie, la situation de carence déjà établie va continuer de s'aggraver. Les réserves de l'organisme se vident au fur et à mesure, ce qui va réduire la production d'enzymes sans que les analyses de sang ne le révèlent obligatoirement. Les réserves intracellulaires de nutriments sont décisives en cas de carence de ce genre, mais ne sont pas mesurables au niveau sanguin. Une carence plus ou moins importante en minéraux et en oligo-éléments, associée à d'autres facteurs déclencheurs, est indéniablement le point de départ d’un trouble du métabolisme car l'organisme ne peut plus maintenir correctement ses différentes fonctions.

De plus, l’organisme du cheval est de nos jours confronté à toujours plus de pollution. Celle-ci provient en premier de l'environnement (sols, eau, air). Mais elle provient également des coformulants ou adjuvants utilisés dans les médicaments comme les métaux lourds qui jouent le rôle d’agents conservateurs, les colorants et les exhausteurs de goût ou encore la mélasse ajoutée dans certains fourrages concentrés. S'ajoute à cette liste la présence croissante de moisissures toxiques, les mycotoxines, résultant de la qualité toujours plus faible du fourrage, auxquelles l'organisme du cheval doit faire face au quotidien. Les mycotoxines ont un impact significatif sur l’organisme de l'être humain et celui du cheval. Mais le métabolisme du cheval y est nettement plus sensible que celui de l'être humain. Ces toxines ne peuvent être éliminées que partiellement par les organes détoxifiants. Une partie reste dans le corps et va se loger dans les tissus graisseux, dans le foie et les articulations. L'élimination des toxines par l’organisme est directement liée à un apport suffisant en oligo-éléments. En cas de carence de zinc par exemple, un organisme ne pourra se détoxifier que de façon limitée par l’intermédiaire du foie, organe pour lequel le zinc est essentiel. Lorsque la détoxification du corps est perturbée par une trop grande quantité de toxines, et que l’organisme souffre en même temps d'une carence en nutriments indispensables à cette fonction, les toxines s'accumulent.

À un moment donné, selon le métabolisme du cheval, une certaine limite est atteinte : l'organisme ne peut plus supporter le stress qui lui est imposé. Il va alors essayer d'éliminer ces toxines d’une autre manière. C’est à ce moment-là que le cheval va alors présenter des troubles métaboliques tels que des symptômes dermatologiques, intestinaux, ou pulmonaires, que le vétérinaire aura bien du mal à associer à une affection spécifique. Il serait pourtant indispensable de soigner une toux sans cause réelle ou un problème dermatologique ou intestinal ne répondant pas aux critères vétérinaires classiques par la combinaison de la nutrithérapie et d’un drainage complet de l’organisme (reins, foie, intestins, système lymphatique). Cette combinaison devra être associée à un programme de travail spécifiquement adapté au cheval concerné (cette mesure est impérative pour un animal de mouvement). Il n'existe pas de conseils standard pour détoxifier l’organisme d’un cheval. Les mesures à prendre sont toujours individuelles selon le cheval, définies précisément selon les troubles du métabolisme qu’il présente. Ces mesures peuvent parfois être complétées par des méthodes de traitement alternatives.

Text: Anja Beifuss, www.hbd-agrar.de, Merci beaucoup! Si vous avez des questions individuelles n'hésitez pas à nous contacter par mail par post@cheval-ami.fr

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